Patrice Delbourg

LONGTEMPS J’AI CRU MON PÈRE IMMORTEL

C’est un chagrin violent que nous fait partager Patrice Delbourg, celui de la mort de son père, un chagrin de tous les jours de la semaine, de toutes les heures et les jours passés près de lui jusqu’à sa fin. Delbourg nous dit sa détresse de voir la mort s’installer et transformer son père en un sosie de douleur qui a gardé la même voix, le même corps, mais brutalisé par la souffrance devant son fils contraint de voir exécuter celui qu’il croyait immortel. Cet événement insoutenable que nous avons tous à vivre, Delbourg nous le raconte jour après jour, nous perdons le père de Delbourg inéluctablement sans pouvoir nous retenir de le haïr et de l’aimer pour ce qu’il a été, pour ce qu’il n’a pas été, pour ce qu’il est impossible de rattraper à présent et à jamais : une dormeuse loge dans ses veines / la nuit ne suffit pas à lui porter ombrage / jean delbourg 1924-2010.