L’argent

Ce qui est important dans L’argent, c’est que c’est un poème long. Christophe Tarkos aurait
pu le faire plus court, moins détaillé, avec beaucoup moins d’argent ; mais il n’aurait pas eu
la même longueur et Christophe Tarkos aurait été déçu de ne pas faire un texte récent plus
long, qui ne comporte pas plus de 39 pages, car ce n’est pas l’argent qui compte dans ce
poème, c’est le nombre de pages où il y a de l’argent sous toutes ses formes, dans toutes les positions, en haut, en bas et au milieu, on ne voit que lui, on finit même par être écœuré par tout cet argent, mais le poème continue d’en parler, c’est son droit et sa destination, et c’est seulement à la fin du poème que l’argent cesse, mais tout n’est pas fini, il continue sur son élan, l’argent continue de finir le poème, alors que nous nous ennuyons terriblement, mais Christophe Tarkos se moque de l’argent, c’est le poème qui l’intéresse et il a réussi à faire un poème assez long, pas très long, mais qui le satisfait ce jour-là, car l’argent n’est que le prix de notre vide, il est là pour le remplir et il est bien normal que Christophe Tarkos en parle si longuement pour nous faire connaître notre dépossession et c’est pour cela qu’il voulait faire un poème si long, pour qu’il dure aussi longtemps que l’état de déshérence dans lequel l’argent nous a plongé.